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| Etoffe de l'Empereur |
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| [Kôrozen,
couleur royale] |
| Depuis les temps anciens,
la "Kai-murasaki" (pourpre tyrienne) était considérée
comme la couleur la plus noble du monde. C'est pourquoi les rois
et les reines du monde entier portaient un manteau de pourpre tyrienne
depuis l'époque avant Jésus-Christ. |
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| Au Japon aussi, depuis
le temps du prince Shôtoku Taïshi (574-622), la pourpre
est devenue la couleur du plus haut rang. Toutefois, il y a 1 200
ans (en 810), soit au début de l'époque Heian (794-1185),
sous le règne de l'Empereur Saga, la pourpre a été soudain
remplacée par la "Kôrozen". Dès lors,
le port de cette couleur, considérée comme la couleur
absolument interdite, n’était autorisé qu’à l’Empereur. |
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| La veste de "sokutaï" (costume
officiel de l'Empereur) de la couleur "Kôrozen" a été adoptée
comme "le premier habit de cérémonie royale" qui
doit être porté uniquement lors d'occasions solennelles.
Le prince a ainsi porté une tenue de cette couleur lors
de la cérémonie d'intronisation de l'Empereur, cérémonie
suprême de la famille impériale. |
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| La raison pour laquelle
la pourpre, couleur la plus noble jusqu’alors, a été remplacée
par la "Kôrozen" reste toujours un grand mystère.
Après que l'Empereur a porté la veste de la "Kôrozen",
c'était la statue du prince Shôtoku Taïshi que
l'on en a vêtu, statue qui n'est pourtant pas exposée
aux yeux du public. Par la suite, la robe était conservée
avec celles des autres Empereurs dans le temple Kôryû-ji
(Kyoto), de sorte que la “Kôrozen” n'était
connue que de très peu de gens. Ainsi, alors que la "Kai-murasaki" (pourpre
tyrienne) était largement connue du monde entier, la "Kôrozen" était
considérée comme une teinture cachée. |
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| Ce qui caractérise
la "Kôrozen" le plus est le fait que le soleil écarlate,
symbole du Japon, apparaît, dès que la lumière
s'infiltre à travers l'étoffe. Ce "rouge caché" est
mystérieux et il est souvent comparé à l'alexandrite,
pierre précieuse, qui change en rouge vif à la lumière
du soleil. Le caractère particulier de la "Kôrozen" réside également
dans le fait qu'elle change de brun doré en brun rouge,
selon qu'elle est à l'ombre ou exposé au soleil.
Cette variation de coloris est si vive qu’elle est comparée à celle
de l'opale. |
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| Kôrozen :
changement de la couleur |
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| Une lampe fluorescente |
Lumière
du soleil |
Lumière
transmise |
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| La teinture est effectuée
par la mixtion de trois sortes de plantes : "haze" (sumac), "suô" (sappan)
et "shikon" (lithospermi radix ou racine de grémil) à l'aide
du mordant (vinaigre et cendre). |
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| Avec l'autorisation
spéciale du temple Kôryû-ji (Uzumasa, Kyoto)
et avec le concours de l'Université Kokugakuin, Yusai OKUDA
a réussi, grâce à une technique moderne, à faire
renaître la "Kôrozen", dite la "teinture
du soleil" d'il y a 1 200 ans tant rêvée jusqu'ici.
Ainsi, il a créé une nouvelle variation de couleurs,
baptisée la "Yume-kôrozome" (Kôrozome
des rêves). |
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| L'enquete dans
le temple Koryu-ji |
"Yume-kôrozome" (Kôrozome
des rêves). changement de la couleurs
(Une lampe fluorescente >> Lumière du soleil) |
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| C'est le sens esthetique
incomparable des Japonais, qui estiment que la beaute reside dans
la variation perpetuelle. La beaute japonaise est caracterisee
par les concepts esthetiques du "wabi" (serenite et calme
de lfame dans une simplicite supreme) et du "sabi" (patine
qui prete une authenticite naturelle a l'objet). |
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| C'est le sens esthétique incomparable
des Japonais, qui estiment que la beauté réside
dans la variation perpétuelle. La beauté japonaise
est caractérisée par les concepts esthétiques
du "wabi" (sérénité et calme
de l’âme dans une simplicité suprême)
et du "sabi" (patine qui prête une authenticité naturelle à l'objet). |
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| Dans le cas du "Negoro Urushi" (objet
de laque Negoro) par exemple, à mesure qu'il est utilisé dans
la vie quotidienne, de jour en jour, d'année en année,
la laque noire apparaît dans la laque rouge. En revanche,
pour l’"Akebono Urushi" (objet de laque Akebono),
c'est tout le contraire : la laque rouge se révèle
dans la laque noire. Il en est de même pour le "bonsaï" (arbres
ou plantes en miniatures en pot) et le "tatami" (nattes
de sparterie) : on apprécie la variation ou la patine
qui se produit avec le temps, à mesure que les années
s'écoulent. Il serait donc permis de dire que ce qui
exprime de la manière la plus efficace une telle beauté propre
au Japon dans le domaine de la teinture, c'est la "Kôrozen",
couleur royale, que seul l'Empereur peut porter. |
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| Un modèle : Okazaki Takako (HIRATA OFFICE) |
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